L’envolée du pétrole menace de nouveau la reprise

Posted by admin | NOUVELLE | Tuesday 13 March 2012 9:25 pm
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Si le prix du baril continue sur sa lancée, les ménages seront les plus durement touchés. La croissance française pourrait être amputée en 2012 tandis que l’Allemagne, elle, résisterait au choc.

Le pétrole a remplacé la Grèce au rayon des inquiétudes planant sur l’économie. La flambée de 16% des cours de l’or noir depuis le début de l’année pose un risque pour la reprise déjà bien molle que connaissent les pays développés, craignent certains économistes. «Nous l’avons observé en début d’année dernière: la hausse des prix du pétrole a le pouvoir de faire dérailler la reprise», prévient Stephen King, économiste en chef de HSBC.

Toutes les économies ne sont pas aussi résistantes face à l’envolée du cours du brut. Selon les calculs de Patrick Artus, responsable de la recherche économique chez Natixis, une hausse du prix du baril n’affaiblira quasiment pas l’Allemagne, touchera la France, et pénalisera beaucoup plus encore l’Espagne. Ainsi, l’impact d’une hausse de 10% du prix de l’or noir en 2012 amputerait l’équivalent de plus d’un tiers de la croissance française prévue pour 2012 (0,5% escompté par Bercy).

Les consommateurs en première ligne
Or, «les ménages absorbent la plus grande partie du choc» via le canal de l’inflation, prévient Éric Heyer, directeur adjoint de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Un constat partagé par des études de la direction du Trésor, à Bercy. Concrètement, la hausse continue des prix de l’énergie étouffe le pouvoir d’achat des ménages.

Dans une moindre mesure, elle rogne les marges des entreprises qui ne peuvent pas augmenter leurs prix en conséquence. Mais, «comme elles ont déjà écrasé leur marge durant la crise, les sociétés répercuteront très probablement sur leurs tarifs la hausse de leurs coûts», précise Éric Heyer.

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, l’a reconnu jeudi dernier: les prix du pétrole pourraient être plus élevés que prévu, ce qui alimenterait l’inflation en zone euro. Les derniers chiffres publiés ce mardi matin l’ont montré: la hausse des prix de l’énergie a tiré l’indice des prix. De quoi «mettre sous pression le pouvoir d’achat des ménages à court terme», comme les salaires stagnent dans le même temps, estime Alain Carbonne, économiste chez Natixis.

Un pétrole cher pour longtemps?
Selon l’économiste américain Jeremy Rifkin, la remontée des prix de l’essence est désormais une fatalité. Elle accompagne chaque reprise économique depuis dix ans. «La crise actuelle n’est pas la crise de la finance, mais la crise du pétrole». L’or noir, affirme-t-il, sera de plus en plus rare et de plus en plus cher. «Plus que le signe d’une reprise avortée, des prix du pétrole élevés pourraient être un contributeur au gel permanent de l’économie» du monde développé, nuance Stephen King.

Sans aller jusqu’à prétendre que toute reprise sera mort-née à cause de l’envolée du brut ; il est certains que la demande mondiale ne va pas faiblir à moyen et long terme. Si la Chine continue sur sa lancée, elle devrait engloutir en 2035 l’équivalent de la totalité du pétrole consommé aujourd’hui par l’économie mondiale, rappelle ainsi Stephen King. Bref, le jour où le litre d’essence coûtera 2 euros à la pompe en France, comme le professe le patron de Total Christophe de Margerie, se rapproche.

Source: Lefigaro.fr

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