Commerce : Japon, Europe et Etats-Unis attaquent la Chine

Posted by admin | NOUVELLE | Tuesday 13 March 2012 9:18 pm
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La procédure engagée devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les «terres rares» chinoises reflète les tensions commerciales croissantes entre la Chine et l’Occident.

La tension commerciale monte avec Pékin. L’Union européenne, les États-Unis et le Japon ont engagé une plainte contre la Chine sur le dossier des «terres rares», matières premières dont elle a le quasi-monopole et qu’elle rationne à l’exportation au profit de sa propre industrie de haute technologie.

La procédure engagée devant l’OMC, avec le soutien remarqué de Barack Obama, témoigne d’un foisonnement des sujets de frictions. Pour l’Europe, elles vont du récent blocage des ventes d’Airbus à un refus récurrent d’ouvrir les marchés publics chinois. Une plainte conjuguée sur les «terres rares» pourrait conduire à des sanctions. Mais elle risque de n’aboutir qu’au bout de plusieurs années.

L’objectif politique de la triple «demande de consultation» déposée mardi à l’OMC est de pousser la Chine à transiger sans délai sur les quotas, les droits de douanes et autres obstacles qu’elle a érigés à l’exportation de 17 «terres rares» et de deux métaux, le tungstène et le molybdène. Bruxelles reste sans illusion: «Les signaux reçus de Pékin ne permettent pas d’envisager une levée rapide des restrictions», dit un responsable du dossier.

Bien que la République populaire s’en défende, il s’agit clairement d’une «violation des règles du commerce international», d’après l’UE. Les restrictions chinoises «doivent être levées, insiste Karel de Gucht, commissaire européen au Commerce. Elles sont dommageables à l’industrie européenne et aux consommateurs, y compris dans les secteurs de pointe et les technologies vertes (…) La Chine ne nous laisse pas le choix».

Pour les «terres rares», l’Europe est dépendante à près de 100% d’un marché mondial contrôlé à plus de 90% par la République populaire. Les restrictions imposées par Pékin, à partir de juin 2010, ont provoqué la fièvre sur les cours, avec des hausses dépassant 500% sur certains de ces éléments.

Délocalisation d’industries d’avenir
L’inflation se répercute à tous les secteurs de haute technologie, des téléphones portables aux batteries, des ampoules électriques aux turbines d’éoliennes, de l’optique aux équipements médicaux. Le Pentagone s’est récemment inquiété de l’impact – et d’une éventuelle pénurie – pour les applications militaires de pointe, notamment les alliages.

Le rationnement orchestré par Pékin peut aussi s’analyser comme une subvention à l’industrie implantée en République populaire, aux dépens de ses concurrentes installées à l’étranger. Les cours passent du simple au double lorsque les «terres rares» franchissent la frontière chinoise, dit-on à Bruxelles. Cet avantage, contraire aux règles, pourrait être le ressort de sanctions à venir à l’OMC.

L’UE s’inquiète d’un autre effet pervers: les droits de douanes et autres mesures non tarifaires accéléreraient la délocalisation d’industries d’avenir, toujours à la recherche du moindre coût. «Dans le domaine des hautes technologies, la chaîne d’approvisionnement bascule encore davantage vers la Chine», dit le responsable européen. Au bout du compte, c’est une question d’emplois, un argument qui n’a échappé ni aux États-Unis, ni à la France, deux pays lancés à pleine vitesse vers une élection présidentielle

Source: Lefigaro.fr

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